Comment faire passer des salariés d'une convention collective à une autre moins contraignante pour les employeurs concernés ? Réponse de la société Jungheinrich à
Seclin : on neutralise le délégué CGT...
Congès ou pas, l'Union Locale CGT de Seclin est décidée à ne pas se laisser faire. L'un de ses militants les plus connus et
appréciés pour son dévouement, Nelson Garcia, délégué syndical central du groupe Jungheinrich, mais aussi juge aux prud'hommes de Lille, est, en
effet, menacé d'une sanction qui pourrait aller jusqu'a son licenciement.
La direction de son entreprise lui a fait part de ses griefs lors d'un entretien préalable qui s'est déroulé fin juillet. Les reproches sont de deux ordres. Au
plan de ses activités syndicales, les dirigeants de Jungheinrich estiment que Nelson Garcia bénéficierait d'un nombre d'heures de délégation excessif, et
qu'il faudrait un délai de prévenance d'au moins 48 heures pour la pose de ces heures de délégation...Au plan de son travail personnel, la direction accuse le militant CGT de dépassements sur
ses temps de trajet entre les clients, et, plus globalement, de mal faire son travail, "alors qu'il n'y a aucune plainte de la clientèle", fait remarqué l'intéressé.
Ses employeurs reprochent, par exemple, à Nelson Garcia d'avoir omis d'établir un devis de réparation sur un matériel défectueux "alors que tous les bons
d'intervention ont été signés et qu'aucun client ne s'est plaint de quoi que ce soit" !
Pour la CGT, il est clair que ces reproches ne sont que "des leurres infondés". L'objectif serait de neutraliser un militant qui "lutte
depuis longtemps afin que les salariés de l'entreprise restent sous la convention collective de la métallurgie." Et la CGT d'indiquer que cette "direction peu scrupuleuse se
livre actuellement à des négociations individuelles avec les salariés qui, sous réserve d'acceptation d'augmentation, leur permettra de transférer leur contrat de travail dans la convention
du commerce de gros fortement défavorable en comparaison à la convention de la métallurgie."
Une motion a été lue lors de la réunion du comité d'entreprise qui s'est renue le 1er août, signée de l'Union des syndicats des travailleurs de la Métallurgie,
de l'Union locale CGT de Seclin et environs, de celle de Vélizy et de la section syndicale CGT de Jungheinrich France. Tous "condamnent avec la plus grande
fermeté, les répressions syndicales, les atteintes aux libertés pratiquées dans la société Jungheinrich France" "Pas un mois, sans que nous soyons amenés à vous interpeller sur les pratiques
discriminatoires ciblant les militants de la CGT dont Nelson Garcia, délégué syndical central", précisent les syndicalistes. Pour eux, "cette arnaque est directement
liée à la volonté de harceler moralement, de discriminer syndicalement et de remettre en cause les acquis des salariés." "Cette attaque, indique la motion adressée à la
direction, arrive au moment où vous envoyez à certains salariés une proposition de modification de leur contrat de travail pour changer les classifications en référence à une convention
collective qui n'est pas la leur. Nous exigeons le retrait de toute sanction. Nous vous invitons plutôt à vous occuper des problèmes réels des salariés, tels que le pouvoir d'achat, les
retraites, les salaires..."
J.L-B
Article paru dans le numéro 766 de Liberté Hebdo.
JC Seclin, Templemars, Vendeville, Wattignies, Haubourdin, Emmerin, Houplin-Ancoisne, Santes, Wavrin,
Don, Allenes les Marais, Carnin, Annoeullin, Bauvin, Provin, Gondecourt, Avelin, Martinsart, Attiches, Phalempin, Tourmignies, Pont-à-Marcq, Mérignies, La Neuville, Wahagnies, Libercourt,
Oignies, Ostricourt, Moncheaux, Raimbeaucourt, Leforest, Faumont, Mons-en-pévèle, Thumeries,