Les sans papiers, victimes du capitalisme !
Depuis plus de 10 ans, le CSP 59 fait entendre la voie des sans papiers. Ces derniers battent le pavé chaque semaines, sans exception. Cette lutte, profondément
humaniste et politique à connue une intensité plus ou moins forte mais depuis ces derniers mois, la tension est fortement montée. Suite aux récentes élections, les Sans papiers ont décidé d'une
série d'occupations afin de porter leurs problèmes aux yeux de tous, notamment des responsables politiques. Devant une situation figée, poussés dans leur dernier retranchement, et harcelés par
les services de police certains se sont mis en grève de la faim et sont victime d'une sévère répression. Retour sur la question des sans papiers.
Des hommes sans droits
Contrairement à certaines idées reçues, les sans papiers ne sont pas tous arrivés illégalement sur le territoire. Certains sont arrivés sans papiers mais d'autres le
sont devenus au fur et à mesure des différentes lois : certains avaient des papiers avant la loi Debré de 1995, avant la loi Pasquoi de 1996, avant la loi Chevenement, et aujourd'hui : ils se
retrouvent en situation irrégulière, à devoir se cacher et à accepter des boulots de misère pour survivre. En effet, ce qui caractérise avant tous les sans papiers c'est leur extrème précarité.
Ces personnes travaillent pour la plupart mais subissent de plein fouet l'exploitation capitaliste. Le droit du travail, le salaire minimum, la durée légale du temps de travail
sont pour eux des notions inconnues car ils n'ont pas de contrat de travail, pour le plus grand bonheur de leurs patrons. Ces travailleurs sont donc du pain béni pour le patronat qui
dispose d'eux comme de vulgaires variables d'ajustement. A la moindre contestation, les patrons exploiteurs n'hésitent pas à avoir recours au chantage.
La précarité ne se trouve pas que dans la sphère travail mais est présente dans tous les secteurs de la vie. Il suffit parfois d'un contrôle pour devoir quitter ami,
famille, et tous les liens construits depuis parfois plusieurs années pour être reconduit à la frontière afin de retourner picorer les miettes que les grands états coloniaux ont laissés aux pays
du Sud ou pour retourner affronter l'horreur de la guerre ou des dictatures.
Etre sans papier c'est donc vivre dans la crainte. La clandestinité induit une exposition aux rafles dans la peur de tout devoir quitter d'un moment à
l'autre.
La question des sans papiers est une question qui doit toucher chaque citoyen car c'est un combat profondément humaniste !
La régularisation des sans papiers serait un geste d'humanité. C'est offrir à ces personnes, le droit de vivre sans être caché, le droit à la dignité, le
droit à la vie !
La question du capitalisme et de l'impérialisme.
Aujourd'hui et à notre grand regret, une grande partie des Français sont sceptiques devant la lutte des sans papiers. Après tout, ces hommes et ces femmes sont venus
en France alors qu'il y a déja du chômage, que la crise du logement bat son plein..Ces sans papiers ne feraient donc qu'aggraver la situation déja difficile que connaissent les Français. Ces
préjugès largement répandus résultent directement du matraquage médiatique des médias au service du capital. La classe dirigeante a trouvé avec les sans papiers un merveilleux bouc émissaire
auquels ils peuvent imputer tous les maux de la société : délinquance, drogue, chômage.. Des personnalités se laissent même aller à parler de pédophiles, d'auteurs de mariage forcés, de
terroristes en désignant les sans papiers..(Pour le préfet du Nord Mr Canepa, la liste de noms fournis par le CSP59 à la préfecture comportait "des violeurs, des auteurs de mariage forcés, et
même des Français")
Le seul but de cette vaste opération est de faire germer le racisme dans l'esprit du salariat afin de le diviser et de l'affaiblir. Tout est
fait pour masquer la réalité de la lutte des classes et pour faire oublier aux salariés qui sont les vrais responsables de leurs problèmes.
Le capitalisme, profite donc directement des sans papiers, par une exploitation forcenée de cette population et par une politique de stigmatisation visant à
liquider toute conscience de classe.
Une régularisation massive des sans papiers serait dangereux pour les capitalistes car ils perdraient la une main d'oeuvre sans droits. En revanche, une régularisation massive serait bénéfique
pour l'ensemble du salariat.
En s'attardant sur les raisons pour lesquels des personnes sont contraintes de quitter leur pays, nous sommes encore une fois directement confrontés au rôle
du capitalisme et plus précisément au conséquences de l'impérialisme.
Pendant des années l'impérialisme (et en premier lieu l'impérialisme Français) à pillé l'afrique de ses richesses, tant matérielles qu'humaines, en tentant d'imposer
sa culture comme monnaie d'échange. La période coloniale a totalement déréglé le continent Africain, le cantonnant à la misère, à la faim, aux dictatures, et à une incapacité de combler le retard
de développement sur les pays du Nord. Aujourd'hui encore, l'immigration choisie de Sarkozy met à l'ordre du jour le pillage des cerveaux.
Lorsque les habitants d'un pays en guerre ou rongé par la misère ont été à l'école Française, on obtenu des diplomes Français, ont toujours connu le drapeau Français
flottant au dessus de leurs têtes, quel autre choix que de penser à rejoindre notre pays ?
Nous affirmons qu'aucune solution n'est possible sans retravailler les relations Nord/Sud et sans promouvoir des formes nouvelles de co-développement, ce
qui implique la remise en cause des stratégies de la France et des autres pays impérialistes dans le Tiers Monde.
La question est de laisser un vrai choix aux peuples de rester ou de partir, en luttant contre la guerre et contre l'exploitation des pays pauvres
- qui sont d'ailleurs tellement pauvres que toutes les grandes firmes passent par le continent Africain ou par les pays d'europe de l'est pour faire le plein de matières premières ou
d'hydrocarbures-
Nous affirmons que ces pays ne se sont pas appauvris tout seul, et que c'est à cause de l'impérialisme qui sévit dans ces régions depuis moultes années que la
situation est si dramatique. Pour arrêter ce déséquilibre, Il faudrait commencer par annuler la dette des pays du sud, réorienter et réorganiser l'OMC qui détruit des pays entier avec ses
directives, elle doit être profondément démocratisée tout comme l'ONU, ensuite : il faut abbatre le capitalisme !
Avec ou sans papiers, c'est la même société qui nous fait connaître la précarité permanente.
Régularisation immédiate de tous les sans papiers !!!
JC Seclin, Templemars, Vendeville, Wattignies, Haubourdin, Emmerin, Houplin-Ancoisne, Santes, Wavrin, Don, Allenes les Marais, Carnin, Annoeullin, Bauvin,
Provin, Gondecourt, Avelin, Martinsart, Attiches, Phalempin, Tourmignies, Pont-à-Marcq, Mérignies, La Neuville, Wahagnies, Libercourt, Oignies, Ostricourt, Moncheaux, Raimbeaucourt, Leforest,
Faumont, Mons-en-pévèle, Thumeries,