La lutte paie, allons encore plus loin !
Face à l’ampleur que prend la mobilisation lycéenne, Darcos a décidé de reporter l’application de sa réforme. Ne nous
y trompons pas, le gouvernement tente de calmer les esprits pour mieux faire passer ses mesures réactionnaires. Darcos veut « prolonger la discussion » … mais avec qui ? Nous,
lycéens lillois, nous voyons systématiquement refuser l’accès au Rectorat (chargé d’appliquer la loi Darcos pour le Nord) par des cordons de CRS : où sont le dialogue et la
démocratie ?
Non ! Nous n’aurons pas la naïveté de nous démobiliser ! La casse de l’éducation nationale, prévue pour
la rentrée 2009 est reportée en 2010 … en attendant, les suppressions de postes continuent, les classes restent surchargées, et les enseignements vidés de leur contenu.
C’est pourquoi, nous lycéens devons continuer à faire des Assemblées Générales, à manifester, à faire connaître le recul
que constitue la loi Darcos, à en parler à nos parents, à nos profs et à les convaincre du bien-fondé de notre démarche : un combat légitime pour une éducation publique, gratuite, laïque,
et progressiste !
Le
Rectorat doit donc nous recevoir, non pas pour négocier tel ou tel aménagement de la loi, mais bien pour enregistrer notre revendication principale : Darcos doit
partir !Sa réforme aussi !
Mettons un coup d’arrêt au processus de marchandisation de l’Education.
Luttons contre la suppression des 687 postes dans le département. Signons les pétitions de la JC réclamant la démission de Darcos.

Une mobilisation qui dépasse nos frontières
En Italie, la mobilisation s’organise depuis plusieurs semaines. Des millions de personnes manifestent pour
lutter contre la politique et de Berlusconi et européenne mise en place par la stratégie de Lisbonne qui pousse à plus d’économie au mépris de notre éducation. Concrètement, l’Italie
supprime 1/3 des cours et des professeurs. Les élèves qui voudront rattraper ces cours manquants devront les payer. Cette privatisation à l’italienne : est-ce cela qui nous attend en
France ?
La réforme des lycées, c’est quoi ?
1) Des lycéens attaqués. C’est d’abord l’enseignement en groupe qui est touché : fini les petits groupes, qui
permettaient aux enseignants d’aider les élèves les plus en difficulté.
Mais aussi suppression des RASED (soutien scolaire titulaires) ; suppression des filières ; fin du redoublement
(et du droit à l’erreur).
Individualisation des parcours sans suivi réel suite aux nombreuses suppressions de postes. C’est le début de la
sélection au lycée !
2) Enseignants précarisés. Pour compenser les postes manquants suite aux suppressions de postes massives dans
l’éducation nationale, les enseignants feront évidemment en plus de leurs heures de cours … donc plus d’élèves à suivre et moins de temps passé avec chacun.
Avec la semestrialisation, le nombre d’heures par matière pourra être réduit en toute discrétion … comme ça a été le cas
lors du passage au LMD dans les universités. Si avec ça les conditions d’enseignement ne se dégradent pas …
3) La fin du cadre national. Le gouvernement veut instaurer, dans le cadre de la semestrialisation, un
enseignement modulaire : un socle commun de connaissances réduit pour l’ensemble des lycéens, complété par des modules.
Ce système conduira non seulement à accroître les inégalités entre élèves au sein d’un même établissement, mais surtout
détruira le cadre national du bac en instaurant des inégalités entre établissements. Combien d’élèves, dans ces conditions, se verront refuser l’accès à une filière universitaire suite à un
mauvais choix dans leurs modules ?
La mobilisation s’étend à toute la France, il faut continuer !
Depuis deux semaines les lycéens organisent un mouvement d’ampleur contre la casse de l’éducation.
En Normandie (Caen, Alençon, Argentant, Flers, Condé-sur-Noireau, Saint-Lô.), à Rennes, à Nantes, Bordeaux ou encore
Brest et Toulouse ; à Paris, Marseille, Lyon, Grenoble, Montpellier ils étaient des milliers à défiler sur les mots d’ordre « ensemble, défendons l’école
publique ! ».
A Lille et dans le département aussi, 2500 lycéens construisent la riposte.
Des Assemblées Générales se tiennent :
Queneau (VdQ): 300 personnes.
Montebello : 250
Faidherbe : 400
Gondecourt : 400
Pasteur : 100
Valentine-Labbé : 50
Kernanec : 250
Fénelon : 50
Baggio : 100
Michel Servet (Haubourdin): 50
Verte Feuille (Saint André)
Paul Hazard (Armentières)
Gustave Eiffel (Armentières)
Léonard de Vinci (Calais)